mardi 17 juillet 2007

Un bon film...

Ainsi, c'est le prix d'un bon film selon le grand, très grand, Orson Welles. Calculons cela un peu... Le prix du ticket est d'environs 8€ par personne en moyenne. Soit 16€. Trouver aujourd'hui une baby-sitter à moins de 10€ de l'heure est quasi impossible, en comptant qu'un film dure en moyenne deux heures, et qu'il faut en compter autant pour le restaurant (En garant la voiture etc...) Cela nous fait 40€. Pour un restau correct, sans la boisson puisque l'on conduit, il faut compter également 40€ pour deux... Soit un total, de... 96€. Donc, un bon film vaut 48€ par personne. Vu que je ne suis pas marier et que je n'ai pas de gosse, j'en conclus qu'un bon film est celui dont j'ai acheté le DVD en édition collector.
Finalement, Orson Welles a raison, sortir, même au Cinéma a un coût. Lorsque l'on est comme moi, que l'on a pas les moyens suffisants pour se permettre d'y consacrer une part trop importante de notre budget, si l'on veut pouvoir continuer d'entretenir d'autres aspects de notre enrichissement personnel, en achetant des livres, des disques, des DVD ou tout simplement passer des soirées avec nos amis, ou budgeter des vacances, il faut faire le sacrifice de bons nombres d'activités. C'est un fait, m'enrichir intellectuellement m'appauvrit financièrement. Mais pas seulement, j'y ai perdu un peu plus...
"Qu'importe le flacon, pourvu qu'on est l'ivresse." Je ne suis, sans doute, pas assez baudelairien dans mon rapport au chose. J'aurai gagner à ne pas vouloir posséder les films que j'apprécie, à ne pas vouloir avoir à ma disposition mes disques ou livres (souvent plus feuilleter que lus) favoris. Je ne sais pas pourquoi je me suis orienté vers cet esprit de conservation de ce que j'ai déjà acquis par ailleur. J'appartiens, certainement, au fond de moi à la même névrose collective qui veut que posséder c'est exister. C'est également rassurant de savoir qu'un film que l'on a aimé pourra être vu à nouveau. Et peut on se passer de musique? Il est impossible aujourd'hui de se contenter des radios musicales, vu leur programmation. Bref, ce blog est aussi pour moi, la possibilité de conserver cet acquis. Et d'apparaitre, comme je le dis, ici ---------------------------------------------------------------------->
Car un individu ne se construit pas seulement par mimétisme ( qu'il soit de son environnement familiale, sociale ou culturel). Il se construit également autour de ses lectures, des films qu'il a vu, et musique qu'il a entendu. Observez la bibliothèque d'une personne, vous distinguerez un certains nombres de ces trait de personnalité: "Dis moi ce que tu aimes, je te dirais qui tu es." C'est un vieux principe de la Sociologie... Ainsi, grâce à un internet, nous pouvons aujourd'hui disposer d'un bibliothèque virtuelle.
Mais, je ne perd pas de vue qu'internet ne modifie pas les choses. Il les dématérialise simplement. Ce n'est pas parce que nous entretenons un blog que nous devons visible. De la même manière que je suis confondu dans la masse de mes congénères à l'état physique, ce blog est perdu dans la masse des pages du web. Simplement, j'existe ici aussi, en y apportant des pensées, et en y incrustant des extraits vidéos, qui, d'une certaine manière sont des souvenirs, j'enrichi ma bibliothèque de ce que je ne peux materiellement posséder. Et de la même manière qu'un psychanalyste pourrait analyser notre "moi profond" en écoutant nos récits, il est possible d'analyser mon "moi profond" par une simple étude de texte. En d'autres termes, inconsciemment, je me reproduis ici, à l'identitique.
Et là, internet, et pour moi, ce blog prend tout son intêret. Car en me reproduisant ainsi, en exprimant ce que je suis, mes frustrations et, j'en ai conscience, mes obsessions premières, en m'attelant à la défense de ce que je suis culturellement parlant, je me libère. Ou plutôt, je libère mon moi physique. J'espère qu'ainsi je pourrais continuer à m'enrichir sans m'appauvrir.

Vous avez dit "idiosyncrasies"?

Petite définition d'idiosyncrasie: D'un point de vue médical, il s'agit de la réaction propre à chaque individu à l'égard d'un agent étranger (médicament etc...). C'est également, d'un point de vue plus général, le tempérament ou caractère propre à chaque individu. Étendu à un groupe ("idiosyncrasie européenne" par exemple), il s'agit des caractères communs au groupe face à un sujet donné. On pourrait simplifier ici en disant: "façon de voir, de faire et de réagir".

Les Séries Américaines ont dépassé depuis quelques temps le stade de phénomène de mode, pour devenir un véritable phénomène de société. Il n'est plus une conversation qui ne dérive sur une série télévisée. Plus que cela, elles sont devenues un moyen de nous définir, de la même manière que nous nous définissons en prenant en référence un genre littéraire, musical, ou cinématographique. On trouve pêle-mêle, les assidus de "24", de "Lost", de "Desperate Housewives", de "Nip/Tuck", des "Soprano", de "Heroes" etc... Ce phénomène est particulièrement nouveau, car si les séries américaines ont toujours été présentes sur nos petits écrans, je n'ai pas le souvenir d'avoir rencontré quelqu'un me parlant avec la même force de conviction de "Alerte à Malibu", "Rick Hunter" ou "Madame est servie" qui occupaient pourtant nos dimanches après midi et soirées en "Access prime-time". Pourquoi un tel changement?
Il me semble qu'au-delà de ses qualités artistiques intrinsèques, une oeuvre doit avoir une dimension culturelle quasi-identitaire. Ce qui passe par l'espace laissé libre à l'interprétation qu'elle soit consciente ou inconsciente. Elle doit s'inscrire dans le processus de compréhension du monde, de définition de l'être par rapport à son Temps. L'homme, même le plus ignorant à besoin de réponses. Et les séries se sont adaptées à notre regard. Ainsi, "24", "Heroes", "Lost" font échos à nos craintes les plus profondes. La première, c'est la disparition de notre environnement, notre espace de vie, notre champ culturel, "l'occident et ses valeurs humanistes" que ce soit par la menace terroriste à grande échelle, comme dans "24", L'explosion de notre "Nouvelle Rome", New York, par l'absorption incontrôlée des diversités (1) dans Heroes, ou en plongeant des personnages symboliques dans un espace vierge des qualités qui font notre monde, dans Lost. Elle répondent aussi, d'une manière ou d'une autre, à ce que les sociologues ont appelé le "désenchantement du Monde", à savoir la disparition du mystique pourtant si rassurant. Ces séries créent une mythologie moderne avec des "Héros", au sens Grec du terme comme "Jack Bauer" et parfois les confrontent à un univers surnaturel, en les dotant ou non de pouvoirs spéciaux. On trouvera des dizaines de séries allant dans ce sens (KyleXY, Supernatural, les 4400, Alias...). Et contrairement aux Marvel, elles choisissent des individus lambda, auxquels il est plus évident de nous identifier, et de nous reconnaître.
Au delà de ces situations apocalyptiques, les séries nous plonge dans la nature humaine de "l'homme du 21ème siècle". Elles abordent les thèmes que nous pensons "modernes" avec la même noirceur que nous nous les représentons et deviennent ainsi des oeuvres générationnelles. Elles observent la part obscure de l'être de la même manière que le firent les chanteurs Rock des années 70, les peintres surréalistes, les poètes maudits du 19ème siècle, ou encore les tragédies grecques. Le mal-être ambiant, la noirceur de l'âme, les névroses collectives, les frustrations sexuelles... Ces thèmes universels et intemporels ont été réadaptés à notre époque par l'intermédiaire des Séries. Évidemment, ils sont toujours abondamment évoqués au travers de la littérature moderne, du cinéma ou plus généralement des Arts. Mais, c'est la force principale de la série, c'est une oeuvre populaire. Elle ne s'adresse au premier abord, qu'à un public populaire.
J'y reviens encore une fois, ce sera sans doute un marronnier sur ce blog, mais le problème des grandes oeuvres est qu'elles ont mises de côté la masse populaire, en oubliant que pour accéder à leur compréhension, il faut disposer des outils intellectuels nécessaires. De la même manière que le peuple du 17ème siècle ignorait Racine et se satisfaisait de Molière, le peuple moderne se satisfait de la télévision. Trop sans doute. Si nous nous lancions dans une analyse pointue des Séries, nous serions déçus par leur contenu, car pour en revenir au terme d'idiosyncrasie, elles sont très éloignées de la notre. Les valeurs, les normes prônées ne sont foncièrement pas les nôtres. Mais comme je le disais auparavant, tout homme, même le plus ignorant à besoin de réponses. Comment nous étonner que celui-ci les cherche dans une série américaine, alors que nous avons oublié de lui en donner dans un langage qu'il comprend? Quel contenu intelligent et distrayant avons nous créé pour son support privilégié? A trop sacraliser les Arts, y compris ceux qui étaient par essence des arts populaires, à trop dédaigner le divertissement comme mode narratif (la comédie), à trop rejeter les nouveaux supports comme champs d'expression et de réflexion possible (télévision, internet) nous finissons par voir peu à peu disparaître notre culture car malheureusement pour nous l'idiosyncrasie américaine est moins élitiste.
(1) Ne serait-ce pas l'interprétation que l'on peut donné à Heroes? Un homme qui absorbe sans contrôle les pouvoirs des autres individus, et finirait par exploser, faisant disparaître NY, ville de la diversité culturelle par excellence...

dimanche 15 juillet 2007

Illustration

Juste pour illustrer mon post précedent et en compenser d'autres:

La Culture comme un élastique

Je suis, sans doute, prétentieux dans ma démarche. Car plus que de tenter de donner à la culture ma définition au fur et à mesure de mes posts, j'aimerai en étendre le champs et partager ici le fruit de mes découvertes. Évidemment, il s'agit souvent d'analyses sommaires, de bribes sans continuité réelle, où je ne fais qu'effleurer l'essence de ce que je montre. J'en ai conscience et je le revendique. Aussi loin que je puisse remonter dans mes souvenirs, je n'ai jamais appartenu à aucun groupe. Ni celui des intellos, ni celui des branchés. Pas plus à celui des littéraires que des scientifiques, que des Métaleux ou des skatteurs. Guère plus à celui des musulmans que des juifs. Et même si, je ne peux contester être un athée de gauche, j'ai côtoyé plus de cathos de droite. Par un hasard absolu, ou une démarche inconsciente, j'ai aussi bien partagé les turpitudes d'une jeune scoute catholique lors de sa confirmation, que celles d'une lesbienne devenue séropositive après une prise d'héro. C'est ainsi que je me suis construit. Sans identité réelle. Et ce n'est pas sans fierté que je peux revendiquer avoir un répertoire d'amis aux allures d'arche de Noé. J'en ai retiré que la culture n'est pas un contenu normatif uniforme mais aussi, une incapacité effective à me plonger complètement dans un univers, tant je suis effrayé par les oublis auxquels m'obligerait une telle démarche. Au final, je suis fier de pouvoir aussi bien partager et apprécier le travail d'un passionné de Funk et de Hip Hop, que celui d'une apprentie-cinéaste nourrit aux symphonies de prokofiev. La culture telle que je l'entend, est une véritable liberté. Elle ne m'oblige à rien. Et, sauf dans de rares et douloureuses occasions, je suis satisfait de constater que ceux qui m'entourent, ou m'ont entouré, m'ont toujours accepté tel quel, m'ouvrant leurs univers en acceptant que je n'y appartienne pas complètement. J'ai tiré de cela mes conclusions, et si je suis hostile au jugement, il peut m'arriver par une phrase d'en exprimer un. Si je ne le développe pas, c'est pour une double-raison: je me suis définitivement fermé mais accepte que par delà mon jugement existent des qualités que je ne peux nier. Ainsi est la culture. Tel un univers infini, elle s'étend au delà de notre propre capacité de perception. Intemporelle, informelle et insituable. Se logeant aussi bien dans la plus brillante des proses que dans la vulgarité sommaire d'une émission de téléréalité. J'essaie ici d'ouvrir des portes, pas de m'y engager. Ainsi je suis ravi de pouvoir mettre ici, un morceau de punk rock suédois et un scratch rappeux,un extrait d'une chanson de Brel et une mélodie d'ELO , ou de faire la comparaison entre un film classique et un divertissement télévisuel de seconde partie de soirée. Je ferai sans doute pire encore.

L'instant Suèdois

"La culture, dans son sens le plus large, est considérée comme l'ensemble des traits distinctifs, spirituels et matériels, intellectuels et affectifs, qui caractérisent une société ou un groupe social. Elle englobe, outre les arts et les lettres, les modes de vie, les droits fondamentaux de l'être humain, les systèmes de valeurs, les traditions et les croyances"
Définition de la culture selon l'UNESCO

Si ma culture est limitée, la culture, elle, n'a pas de limite. Et seul le champs réduit de mon regard pourrait m'abêtir un peu plus encore. Hier, j'ai fais une nouvelle découverte... Certes, on m'avait déjà parler de ce groupe et j'avais ouïe, plus qu'entendu, dans une Clio bleue à gros pompons quelques chansons, mais la découverte réelle a eu lieu hier. Il existe une tribu parée de noir, aux moeurs étonnants (Je parle de tribu, mais sous bien des aspects, nous pourrions dire groupe social à part entière avec ses codes, ses normes et valeurs) qui se brûle la peau pour y inscrire en couleurs son identité. Et je dois reconnaître être fière d'avoir eu diverses occasions pour l'approcher un peu.


Backyard Babies A song for the outcast

Il est amusant de constater que la musique crée autour d'elle diverses communautés. Les Rastas, les Rapeurs, les Popeux , les Métaleux, les hippies, les punks...
Il y a aussi, ceux que j'appelle les Yuccas, les petits Rasta blanc qui écoutes du "rock" français engagé, et qui comme les yuccas se veulent "roots" mais seraient incapable de vivre en dehors d'un appartement parisien. Bref, de toutes ces communautés, j'ai, paradoxalement, une affection particulière pour les Métaleux. "Paradoxalement" car ils sont s'en doute les plus fermés au monde qui les entoure, et rejettent facilement toute autre forme de culture. Mais, ce sont ceux qui sont allés le plus loin dans le processus de création d'une contre-culture. Par le choix de références "amorales", de musiques brutales et de codes obscures qui rendent, pour nous les "normaux", leur univers inaccessible, ils ont étendu le champs culturel et nous permettent encore la découverte. Reste qu'il faut avoir son pass backstage et le mien conduit une clio bleue à pompons.

Velvet Goldmine

Je ne peux pas résister à mettre ici, ce faux vrai clip tiré du film Velvet Goldmine.

J'admire la qualité des moyens mis en place pour ce film. La BO est excellente, même pour les moins réceptifs au GlamRock, les acteurs, notamment Ewan Mac Gregor dans le rôle de Curt Wilde, fusion d'Iggy Pop et Kurt Cobain (la ressemblance est frappante) et Jonathan Rhys-Meyers sont époustouflants et l'esthétique est particulièrement soignée. Reste qu'il peut dérouter par une mise en scène étrange. La sur utilisation des flashbacks et les changements de modes narratifs rendent l'histoire difficile à suivre mais donnent au film toute sa dimension et en font une oeuvre rock complète dépassant le simple récit des années 70. A noter cependant, que la mise sur un même plan du groupe T-Rex et du David Bowie des années Ziggy Stardust peut heurter la sensibilité des puristes.

vendredi 13 juillet 2007

Hommage à ELO

Juste un court message pour rendre hommage à un groupe Anglais des années 70 qu'SFR, étonnament, est en train de remettre au goût du jour dans sa dernière publicité. Il s'agit d'Electric Light Orchestra ou ELO.

Voici la fameuse chanson SFR:


ELO - Mr Blue Sky