mercredi 11 juillet 2007

AU COMMENCEMENT:

Si l'on s'en tient à la définition de Welles, je peux dire que pour moi, l'un des premiers grands films du cinéma est Freaks la Monstrueuse parade de Tod Browning sortie en 1932. Il est des vieux films que le voit avec sympathie, dont on apprécie le charme de leurs images surannées, de leurs mises en scènes vieillottes et les comédiens théâtraux, tout juste habiles à cet art nouveau qu'est le cinéma et à l'apparition du son. Et puis, il y a les Grands Films, ceux qui, bien qu'ayant les mêmes dispositions aux regards amusés, ont un message qui à traversé le temps et nous porte encore à la réflexion sur notre nature. Aujourd'hui, Freaks est, sans doute, plus parlant encore qu'il ne pouvait l'être en 1932. Non seulement notre regard sur les différents est resté le même, mais nos critères se sont fait plus restrictifs.

Extrait du Film:

Freaks V.O.S.T (Tod Browning) 1932

J'en veux pour preuve cet extrait de l'émission Confessions Intimes de TF1, nous montrant une jeune femme dénigrant les autres et si sûr de sa beauté. Évidemment, elle n'est pas sans rappeler la belle acrobate du film de Browning. Insultante envers les autres, et prête à tout pour parvenir à ses fins.
Mais, je sais également, que nous sommes majoritairement très à l'opposer de sa vision du monde. En Cinéma, comme dans les autres arts, nous appellerions cela une mise en abîme. Une femme qui se moque de ceux qu'elle croise et que nous moquons à notre tour, devant notre écran de télévision. Car dans ce film de Tod Browning, la réflexion ne porte pas que sur le jugement que l'on pourrait avoir pour une acrobate épousant un lilliputien afin lui dérober sa fortune, mais porte également sur notre propre regard de spectateur. Bien que la noirceur de l'âme de ces deux femmes nous les rend monstrueuses, cela reste nous qui en sommes les friands spectateurs. Finalement, si aujourd'hui, nous ne rejetons plus aussi facilement et ouvertement, ceux que la nature à mis physiquement en disgrâce, nous sommes toujours aussi prompt à nous rendre à la monstrueuse parade. Et tout aussi prompt à moquer les monstres.

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